poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Il y a l’élévation, le point d’équilibre et la descente. Michel s’est offert une vision privilégiée de la montagne, un point de vue qui n’est, d’ordinaire, pas réservé à la condition humaine. Les mains jointes en Anjali Mudra, au centre du cœur, Michel regarde une dernière fois sa Triumph Bonneville Bobber avant qu’elle ne s’écrase au sol et qu’il ne subisse la même fin tragique.

Après avoir revécu ses différentes incarnations, c’est la vie qu’il s’apprête à terminer qui vient de défiler devant son regard impuissant et qui le ramène à une autre temporalité. Le sol se rapproche à toute vitesse et, selon toute vraisemblance, suite à une rapide analyse de la situation, c’est dans un arbre qu’il s’apprête à terminer sa chute. Alors que son mental voudrait s’octroyer un dernier plaisir en imaginant les circonstances précises de son atterrissage et les différents rebondissements de cette drôle de fin, Michel ferme les yeux et laisse échapper son dernier souffle.

Au moment précis de l’impact avec le sol de la montagne s’opère la dissociation du corps de Michel et de son âme. L’esprit est toujours là et le mental tente évidemment de s’accrocher à son ami préféré mais Michel vient d’entrer dans un nouveau royaume que l’intellect ne pourra jamais comprendre.

La chute continue.

Le corps de Michel est resté sur le sol, là-haut, mais son âme a continué le voyage vers les profondeurs de la Terre, plongeant notre héros dans un tourbillon de sentiments contradictoires.

Qu’est-ce que cela peut-il bien vouloir dire ? Comment est-il possible que l’on puisse pénétrer au cœur de la matière ?

Bizarrement, la première réaction de Michel fut d’essayer de s’accrocher à son corps inerte, car il eut été plus évident d’en finir là, une bonne fois pour toute, plutôt que de se confronter à une nouvelle série de questions extravagantes. Mais la chute continuait et Michel s’écartait de son corps et de cette réalité illusoire. Pendant qu’il traversait un univers de ténèbres, le monde qu’il venait de quitter lui semblait baigner dans l’illusion, tout entier.

Michel ne voulait pas y croire. Tout ce à quoi il avait accordé de l’importance ne pouvait être à ce point insignifiant. Pourquoi la vie serait-elle si dure si rien n’avait d’importance ?

Tout dépend du niveau de conscience dans lequel nous évoluons et le plus déroutant pour Michel dans cette révélation, c’est qu’elle n’avait pas le goût de la découverte mais celui du souvenir.
Quand les ténèbres finirent par s’éclaircir à nouveau, Michel n’aurait pas pu affirmer avec certitude qu’il était bel et bien sur la planète Terre, seulement il lui semblait encore plus improbable d’avoir pu être quelque part d’autre. Il était dans une pièce qui ressemblait à un atelier.

Une femme au dos courbé épluchait délicatement les couches d’un étrange oignon lumineux qui semblait comporter les différentes facettes d’une réalité aux multiples apparences.
A chaque nouvelle strate, Michel était traversé de la somme des souvenirs d’une existence entière. La femme le regardait du coin de l’œil, s’amusant de son incrédulité en se saisissant délicatement d’une nouvelle feuille de cet étrange oignon.
« Un oignon… vraiment ? Comment se pourrait-il que… »

Michel n’avait pas le temps de poursuivre sa réflexion superflue, lorsque la femme détacha cette nouvelle feuille du reste du bulbe lumineux, Michel eut l’impression que c’était son âme qu’elle extirpait de son corps, enfin pas vraiment son âme mais une sorte de masque qui lui aurait servi de visage le temps de toute une incarnation. Nouvelle stupéfaction.

Michel, qui se rappelait nettement avoir quitté son corps quelques temps auparavant, lorsque ce dernier s’écrasa sur le sol d’une montagne qui lui semblait désormais bien lointaine, réalisait à l’instant même que son âme semblait s’être incarnée dans un nouveau véhicule corporel. Avait-il un nouveau visage ? Un nouveau masque ?
« Quoi ? »

Ce n’était ni le moment ni l’endroit pour y réfléchir, Michel avait donc l’impression qu’en arrachant cette nouvelle couche de l’oignon, la femme au dos courbé était en train de lui enlever un masque qui comprenait les souvenirs émotionnels de toute une vie. Il pouvait sentir le bonheur éprouvé lors des longues navigations sur le pont de « La Bonne Ville », il pouvait goûter à nouveau à la joie indicible qui le traversa lorsqu’il reçut des mains de l’homme qui l’avait élevé ce petit bateau en bois qui allait se révéler bien plus qu’un simple cadeau. Il pouvait sentir son cœur battre dans sa poitrine de la même manière qu’à cet instant unique qui allait changer le reste de son existence. Il pouvait revoir ce ballet apocalyptique qui allait conclure son existence de pirate sur la mer qui lui avait offert une raison de vivre, comme un juste retour des choses.

Jusqu’à ce que le vielle femme ne jette cette couche de l’oignon avec le reste des résidus de matière qui composaient le monde de l’illusion et que Michel eut l’impression de sentir une lame transpercer son cœur. Seulement, dans l’état actuel, avait-il vraiment un cœur ou serait-ce là aussi le fruit d’une pure invention ? Encore une fois, Michel n’eut pas le temps de poursuivre sa réflexion, comme il n’eut pas le temps d’observer attentivement le reste de cette pièce, la femme au dos courbé soulevait une nouvelle couche de l’oignon et Michel fut traversé d’une nouvelle avalanche de souvenirs, de sensations et de sentiments qui le ramenaient cette fois dans les plaines du Nord de Rio Grande. Il se souvenait précisément des émotions qui l’habitaient lors de la longue traversée d’un autre océan, sur un autre bâtiment vers une île bien plus grande qui gagnerait par la suite l’appellation de continent.

Il se souvenait de la découverte de ce nouveau monde et de la peur qu’il essayait de masquer et de camoufler sous ses envies de conquêtes. Il aurait dû écouter le changement de rythme des battements de son cœur, encore une fois, quand ils essayaient de lui dire que la découverte d’un nouveau monde ne se ferait pas à travers l’asservissement et l’extermination de sa population mais par la transformation de sa propre personne.

Seulement, comme le démontrèrent bon nombre de ses incarnations, Michel était plus à l’aise dans un rôle de chasseur que de pacificateur. Michel aurait dû écouter les avertissements de son cheval…Mais tout ça aussi n’était qu’illusion et les regrets n’avaient pas plus d’utilité ici qu’ailleurs.
Comment était-il possible que l’intégralité des événements qui composaient nos existences puissent paraitre si intenses et si importants lorsque nous les vivions pour devenir si insipides et superficiels par la suite ?

Et puis d’abord, où était-il actuellement ? Comment était-il possible que Michel soit encore conscient de sa propre personne si sa vie avait pris fin lors de cette chute en moto ?

Michel reconsidéra le regard de la vieille femme au dos courbé, il avait compris sa démonstration. La vie se déploie bien au-delà de nos pauvres perceptions humaines. Ok. Et puis le plus perturbant dans cette situation à vrai dire, c’est que Michel avait l’impression de déjà le savoir, comme on l’a dit plus haut, et qu’il réalisait tous les efforts qu’il avait vainement mis en œuvre pour l’oublier. Comment peut-on préférer l’illusion à la vérité ?

Lorsque Michel quitta l’atelier, il se retrouva au cœur d’un étrange domaine. Son premier réflexe fût de regarder ses mains, ne serait-ce que pour voir s’il en avait. Effectivement, il y en avait deux qui répondait à ses mouvements. Tout autour de lui il y avait aussi d’autres personnes. Et Michel semblait être à sa place, ses semblables le reconnaissaient. En sortant de cet atelier il reprenait le cours d’une existence qui semblait ne jamais s’être interrompue.

Pourtant il venait de vivre plus de quarante ans d’une vie qui, elle, s’achevait à peine d’une manière aussi subite qu’inattendue. Il fallait qu’il éclaircisse quelques points et profita de la rencontre avec quelques personnes qui le saluèrent, et remarquèrent immédiatement la confusion sur son visage, pour leur poser quelques questions. Ils lui sourirent avec bienveillance avant de le réconforter.

– Tu sais très bien que ça te fait le coup à chaque fois, c’est pour ça que tu continues d’y retourner. Tu as encore des choses à travailler en bas. Viens, le Grand-Esprit te demande. Michel avait envie de poser mille questions à la fois et il profita du trajet pour poser les plus importantes. Certaines des réponses lui venait automatiquement avant même qu’il ne formule ses interrogations, les autres lui étaient naturellement offertes par ses interlocuteurs et interlocutrices. Assez rapidement, Michel oublia la nature de ses doutes, il lui semblait évident qu’il était tout à fait normal qu’il existât différents niveaux de réalités entremêlés et superposés afin que l’âme puisse trouver la voie qui lui correspondait le mieux pour sa construction.

D’ailleurs quand il repensait à ses différentes incarnations, il se rendait bien compte que les chronologies de certaines d’entre-elles se chevauchaient, elles n’auraient pas pu se dérouler simultanément dans un seul niveau de réalité.
Alors qu’il commençait à retrouver sa pleine mémoire, Michel suivait la trajectoire tracée par ses amis qui s’arrêtèrent à l’entrée d’un immense couloir aux murs faits de pierres massives et comportant un nombre incalculable de portes, laissant à Michel le choix de la direction.

Au début, Michel fut traversé d’un profond vertige, assurément ce couloir n’était pas un simple couloir comme les autres. Sur quoi donnaient toutes ces portes ? Il n’y avait qu’un seul moyen de le savoir, mais avait-il le droit de les ouvrir ? Étaient-elles verrouillées ?

Michel se retourna vers ses amis qui l’encouragèrent d’un regard affectueux à s’engager dans le couloir. Michel avançait doucement, en observant attentivement chacune des portes qui jalonnaient son parcours, de chaque côté. Son regard s’arrêta sur l’une d’entre elle, gravée d’un dessin qu’il reconnut immédiatement. Un huit allongé qui semblait jaillir d’un éclat de lumière.
Il se retourna une nouvelle fois vers ses amis pour leur demander, d’un regard silencieux, s’il pouvait ouvrir ladite porte et ne perçut aucune contre-indication. Alors Michel posa sa main sur la poignée et procéda à l’ouverture.
Il y avait tout un monde derrière cette porte, un univers entier, en mouvement, composé de nombreux souvenirs. Michel venait de plonger au cœur de son âme selon une perspective nouvelle qui lui permettait de porter un regard neuf sur certaines de ses incarnations. Il revoyait Mika, la Tigresse Blanche chargée de nourrir et de protéger la lumière alors qu’elle était amoureuse du tueur de sa mère. Il revoyait Mihaila, l’Éveilleuse ayant développé son propre langage, celui du cœur, pour porter la flamme et distribuer, elle aussi, un message de lumière.

Avaient-elles réussi ? Il faut être pure pour servir la lumière, vouloir le devenir ne suffit pas. Il revoyait Mahal qui pensait avoir dompté l’envie de nourrir son égo en choisissant une vie de renoncement et de dévotion. Mais alors, pourquoi avoir refusé de compléter son cycle d’incarnations lorsqu’il fut devenu Mi-Baba ? La volonté de devenir un juste n’était-elle pas une manière détournée de servir les aspirations tortueuses de son propre égo ?
Michel fût brusquement frappé par une profonde révélation. Inconsciemment, il avait toujours été égoïste. D’ailleurs, puisqu’en ce lieu il n’y a pas d’autre alternatives que d’être honnête, il fallait admettre qu’il l’avait souvent conscientisé, il s’était juste arrangé pour le dissimuler à sa propre personne, espérant ainsi pouvoir se duper en même temps que le reste du monde. L’évidence était désormais flagrante. Impossible de la nier. Même le choix de sa moto préférée dans sa dernière vie en était une preuve éloquente. Une moto solitaire qui n’offrait pas la possibilité de partager le voyage.
Absorbé par cette révélation, Michel serait incapable de dire comment il était arrivé à l’entrée d’un nouveau couloir qui semblait se situer à un nouvel étage, comprenant de nouvelles portes. Si Michel avait pu penser que la prise de conscience de nos erreurs pouvait être douloureuse, force est de constater que le résultat en fût diamétralement opposé. Il se sentait libéré, allégé d’un poids inutile.

Sans réfléchir, il ouvrit la première porte qui s’offrait à lui, déterminé à continuer sur sa lancée. Même lorsqu’il régnait sur la jungle de Golaghat il rechignait à partager ses trophées, prétextant que son égoïsme était le fruit naturel de sa royauté. En ouvrant cette nouvelle porte, Michel réalisait maintenant avec quelle insistance il s’était efforcé de construire sa propre solitude. La souffrance et les problèmes donnent parfois l’impression d’exister, Michel avait eu toute une vie pour l’expérimenter au cours d’une existence qui commença dans les campagnes normandes avant de s’achever tragiquement dans une cuisine des Hauts-de-Seine.

L’abandon, la solitude forcée, la banalisation de la violence. Surement fallait-il qu’il paye les erreurs d’autres incarnations. C’est dans cette vie-là qu’il lui aurait fallu la force d’aller voir ailleurs, et pas quelques millions d’années plus tôt lorsque sa nonchalance l’empêchait de récolter plus qu’une maigre noix au moment des repas et lui laissait peu de chance de survie en dehors de son cocon arboricole. Mais Michel avait toujours eu en lui la tentation du voyage, l’appel du large, l’envie de découvrir de nouveaux horizons.

Et Michel réalisait, maintenant plus que jamais, à quel point les erreurs sont importantes. C’est en tombant que l’on apprend à se tenir debout. Rien n’est inutile, chacun de nos actes comporte son lot de répercussions et la trame de nos existences se dessinent en chaque instant, à travers chacun de nos choix.
Si Michel ne croit pas en la fatalité, il est obligé de reconnaitre, aux vues des circonstances présentes, que nos incarnations ne sont jamais le fruit du hasard. C’est comme si nous choisissions des aspects à travailler le temps d’une existence où nous perdons notre conscience tout en étant persuadé d’en avoir une autre. Nous oublions ce pour quoi nous sommes venus et quand nous repartons nous tirons le bilan du travail effectué. Quel drôle de manège. Et comment peut-on être sûrs que nous sommes bien dans un état de pleine conscience lorsque nous décidons, potentiellement, de la nature de notre prochaine existence ?

Qu’est-ce qui pourrait nous prouver qu’il n’y a pas encore un étage supérieur où les décisions couvrent un champ de réalité encore plus vaste ?
– Rien.
Michel sursauta. Il venait à peine de commencer à se perdre dans le flot de ses pensées lorsqu’il en fût brutalement arraché par une voix céleste. Encore une fois, il n’avait pas remarqué le changement de décor.

Cette fois il était à l’étage supérieur, nul doute possible. Et face à lui se tenait la plus haute autorité imaginable. Le Créateur. Le Grand Esprit qui lui rappelait que la preuve est une forme de croyance comme une autre qui n’aura jamais besoin d’une validation extérieur, seulement de notre propre accord. Nous décidons de ce en quoi nous croyons. Et le savoir est une croyance. Que Michel ne l’oublie jamais.

Le Grand Esprit avait beaucoup de choses à dire à Michel et ce dernier se délectait de
chacune de ses paroles, infiniment reconnaissant pour la patience de son interlocuteur, sa bienveillance et sa miséricorde. Il est toujours appréciable que l’on nous remémore l’essentiel et, dans cette pièce, à cet instant précis, tout semblait clair et limpide. A travers les mots du Grand Esprit, Michel parvenait à affiner sa vision de la toile que composaient l’ensemble de ses existences. Il y avait différents niveaux de réalités, l’univers était infini, c’était l’esprit de l’être humain qui était limité. Pour se détacher des limites de notre intellect il fallait travailler à l’ouverture de son cœur, c’est ce qui nous relie à tout le reste.

Mihaila l’avait bien compris.
Mahâl aussi d’ailleurs. Mais il était important que Michel comprenne désormais ce que Mi-Baba n’avait pas bien compris.
Que la lumière vient d’en haut, et que l’aspiration de l’âme est de s’élever. Celui qui veut servir le Créateur et aider ses semblables doit s’élever, il ne peut rester au niveau le plus bas. Les passages sur Terre ne sont que des étapes vers des mondes bien supérieurs où ne peuvent accéder que les âmes initiées et les véritables initiateurs ne sont pas les êtres humains, ce sont les autres êtres vivants de cette planète. Les plantes et les animaux. Ceux qui comprennent naturellement l’importance de leur positionnement, ceux qui servent naturellement l’équilibre et l’harmonie d’une vie en perpétuelle expansion, sans aucune vanité.

La sagesse ne s’acquiert que lorsque l’être humain se replace à sa juste position. Non seulement il n’est pas le seul être vivant doté de conscience et d’intelligence, mais sans la collaboration avec le reste du monde vivant, ils n’en a qu’un accès très limité. Alors bien sûr, il ne s’agit pas de s’incarner en un animal quelconque pour devenir un grand sage, l’expérience de Michel en tant que primate il y a quelques millions d’années en est une démonstration relativement éloquente. Il faut savoir prendre de la hauteur pour aiguiser son regard et affiner sa perception.

C’était la prochaine étape que le Grand Esprit réservait à Michel.
Cette fois Michel retint l’intégralité des enseignements qui lui avaient été donnés. Il embrassait du regard la vue majestueuse qui s’offrait à lui. Son regard perçant inspectait les moindres détails de cette montagne qu’il connaissait si bien, avec ces petits groupes de sapins d’un vert clair qui bordaient une petite route, sinueuse et étroite. Les battements de son cœur étaient lents et réguliers. Une sérénité royale l’enveloppait tout entier. Il inspectait minutieusement le béton sombre et craquelé ainsi que les quelques insectes qui s’y aventuraient, à découvert. Ses yeux passèrent sur un trou dans la continuité duquel se trouvait les vestiges d’une sombre trace de brulure. Michel ne pensait à rien, il observait, simplement. D’un simple mouvement du buste, il rectifiait sa trajectoire pour retrouver cette vue qui l’avait tant marquée au cours d’une existence précédente, sans qu’il puisse dire s’il en était conscient au moment présent. Il agissait par instinct, profondément détaché de toute forme de pensée. D’un battement d’aile, Michel s’élevait à plusieurs centaines de mètres au-dessus du sol et, alors qu’il se plaçait face au soleil sans en être ébloui par sa lumière, une vibration particulière s’empara de son âme.

Cette vibration se transforma en une douce mélodie qui prenait forme dans l’harmonisation de plusieurs voix humaines. Un chant. On appelait l’esprit de l’Aigle. Le moment était venu pour Michel d’aller transmettre les enseignements qu’il avait reçu. Alors qu’il piquait à plus de trois cents kilomètres heures, à la même vitesse que Johnny Allen sur le lac de Bonneville quelques décennies plus tôt, Michel réalisait avec amusement à quel point, dans la vie, tout était une question de polarité.

Sa chute était devenue un envol.

Pin It on Pinterest