Que se passe-t-il dans le cerveau lors de la méditation ?

Comment la méditation agit sur le cerveau ?

 La méditation apprend à développer une attention accrue à soi et au monde extérieur, en acceptant, sans jugements ni interprétations, toutes les manifestations des » ici et maintenant », même les plus intempestifs. C’est un peu comme si l’on surfait sur les vagues en épousant leurs mouvements spontanés. Les vagues symbolisant le flot des phénomènes perceptibles, intérieurs comme extérieurs.

Enseignante de yoga depuis 17 ans, j’ai ressenti le besoin d’agrémenter ma pratique des asanas et du pranayama, par des exercices quotidiens d’observation de mon esprit à travers la pratique de la méditation. Voulant comprendre un peu plus ce qui se passait dans ma tête lorsque je m’orientais vers mon calme intérieur. J’ai alors approfondis mes connaissances sur les différentes zones du cerveau qui y participent pour éclaircir mon processus dans mes séances quotidiennes d’assises silencieuses.

Notre cerveau est composé de deux hémisphères, le gauche et le droit, qui ont chacun leurs fonctions bien spécifiques. Et chez chacun d’entre nous, l’un de ces hémisphères est plus développé que l’autre.

L’hémisphère gauche est le siège du langage, mais aussi de la raison, et c’est celui qui domine dans la majeure partie de la population Occidentale. On dit de lui qu’il est séquentiel, c’est-à-dire qu’il ne traite qu’une donnée à la fois, mais il est également cartésien et logique. Il a un fonctionnement précis, pour lequel une question a une réponse.

Le système scolaire et sociétal sont fortement ancrés vers ce modèle, ce qui fait que les personnes ayant un hémisphère gauche plus puissant se fondent plus facilement dans le moule et ont plus de facilités au quotidien. Cependant, un hémisphère gauche trop puissant peut empêcher à la créativité de s’exprimer ou empêcher de trouver une solution à un problème global. Malgré tout, c’est lui qui nous permet de fixer des objectifs et de planifier nos actions pour les atteindre. Étant plutôt mono-tâche, l’hémisphère gauche a une capacité d’attention et de compréhension plus réduite, mais permet de rester concentré sur une seule chose sans se disperser.

Le développement de l’hémisphère gauche du cerveau se fait par des activités de logique telles que le sudoku, les mots fléchés, l’informatique, la couture, le bricolage ou encore les mathématiques.

Au contraire de l’hémisphère gauche, l’hémisphère droit est celui qui préside à la créativité, à l’imagination, mais aussi aux pensées et aux émotions. Multitâches et complexe, il évolue en arborescence et favorise une vision globale des choses, permettant de découvrir plusieurs solutions à un problème. Les personnes dont l’hémisphère droit est plus puissant sont plus créatives et sensibles, ont souvent les sens plus développés (parfois jusqu’à être gênées face à certains bruits ou odeurs) et sont plus empathiques. Si cet hémisphère est plus développé, la personne sait mieux penser par elle-même et sortir des carcans, mais cela peut rendre plus difficile son intégration sociale, voire favoriser l’isolement. D’ailleurs, il s’agit souvent d’enfants ou adolescents inventifs, mais qui ont des difficultés à l’école sans pouvoir se les expliquer, tout simplement car le cadre scolaire est réellement pensé pour les cerveaux gauches. De même, le tournoiement sans fin des pensées peut être réellement épuisant, en plus d’être extrêmement difficile à contrôler.

Le développement de l’hémisphère droit se fait par des activité artistiques (dessin, musique, théâtre, chant…) mais aussi par des activités relaxantes (yoga, méditation) qui permettent de canaliser les pensées.

Responsable des apprentissages, le cerveau droit est celui qui se met en branle face à toute situation nouvelle, alors que les informations recueillies dans ces situations seront stockées dans l’hémisphère gauche, qui organise nos connaissances. Si le fonctionnement de notre société privilégie particulièrement l’hémisphère gauche, sa logique et son traitement analytique, un hémisphère droit puissant permettra de penser hors des hors des sentiers battus et de s’engager sur le chemin de la nouveauté.

Il est plus clair à présent que l’hémisphère gauche et l’hémisphère droit de notre cerveau ont chacun des fonctions bien précises, et que l’un d’eux est toujours plus développé.

Mais en décomposant un peu plus subtilement cette anatomie  de notre système, des nouvelles données très importantes nous aident à comprendre réellement l’effet de la méditation sur notre cerveau.

  1. Le cortex préfrontal est la structure du cerveau qui nous permet d’avoir une perspective plus rationnelle. Il participe à la modulation des expériences émotionnelles et ralentit la tendance à prendre les choses personnellement. Il est comme le centre d’évaluation.
  2. Le cortex préfrontal médial est la partie du cerveau qui parle constamment de moi, de mes expériences, de mes idées. Il traite toutes les informations relatives à moi et à ma relation avec les autres. C’est le centre du « moi » ou centre d’auto référence. Composé de deux parties, l’une qui participe à l’augmentation de la rumination et de l’inquiétude, l’autre qui active l’empathie.
  3. Le cortex insulaire (insula)est la partie du cerveau qui contrôle les sensations du corps en expérimentant les émotions au niveau intestinal. L’insula fait partie du système lié à la modulation du niveau de réponse à ce que votre corps ressent.
  4. L’amygdale est notre système d’alarme organique. Aussi connue sous le nom de centre de la peur, elle est liée à la réponse de lutte ou de fuite dans des situations perçues comme dangereuses.

Comment fonctionne un cerveau qui ne médite pas ?

 

Un cerveau qui ne médite pas a souvent de fortes connexions neurales entre le centre « moi » (2) et les centres de la sensation de peur du corps (4) parce qu’il a une grande dépendance envers ce centre. Dans ce cas c’est le centre du « moi » qui traite la plupart des informations reçues.

Cette dépendance du centre du « moi » explique pourquoi nous nous enlisons dans des boucles de pensées négatives et cela arrive parce que la connexion entre le centre du « moi » et le centre d’évaluation est faible.

Lorsque nous augmentons la capacité de travail du centre d’évaluation, l’activité excessive dans la partie du centre du « moi » qui prend les choses personnellement diminue. Elle améliore également l’activité de la partie impliquée dans la compréhension des sentiments des autres. C’est le moyen d’assimiler toutes les informations reçues, de se débarrasser des vues erronées, de réduire la réflexion excessive et l’inquiétude. 

Un cerveau en méditation.

 

Plusieurs choses se produisent dans un cerveau qui médite régulièrement. La connexion entre le centre du « moi » et les autres centres corporels de la peur commence à se rompre. Cela diminue la force de la réponse à la peur et explique en partie pourquoi l’anxiété diminue quand on médite régulièrement. Par la méditation assidue, une connexion neurale plus forte est créée entre le centre d’évaluation et les centres de sensation corporelle de la peur.  Cela signifie que lorsqu’une sensation corporelle de peur d’une chose potentiellement dangereuse atteint le niveau du cerveau, celui-ci peut l’évaluer de façon rationnelle plutôt que de réagir automatiquement à la peur. Cela réduit aussi la probabilité d’être pris dans une production continue d’hypothèses sur ce qui « pourrait être ou signifier » ce qui m’arrive. Dans un cerveau qui médite régulièrement il y a une augmentation significative des connexions entre le centre du « moi » et le centre des sensations corporelles liées à l’empathie. Nous activons la partie du cerveau impliquée dans l’expérience réelle de l’empathie (insula). De cette façon, nous devenons plus capables de déduire les états mentaux des autres, leurs désirs, leurs rêves, et leurs motivations.

Cette modeste investigation du cerveau m’a permis d’être plus à l’aise dans mes pratiques de méditations que je célèbre chaque matin pendant 30 minutes pour débuter ma journée avec un esprit calme et serein. J’espère que cette chronique vous aidera tout comme moi à éclaircir votre processus afin de gouter à la joie d’exister en conscience.

Namaste

Sandrine Vimes

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