poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Après le bodylift, j’étais prête pour toutes les autres opérations, le plus dur était passé…

Lundi 26 février, cela fait à peine quelques jours que mes cicatrices sont complètement fermées et je m’apprête à en avoir de nouvelles.

Cette fois ci, je me sens mieux préparée pour mon séjour. Le diner est toujours trop tôt pour moi, j’ai donc fait un pancake pour la fin de soirée.

De nouveau, l’Atarax pour m’aider à dormir n’est pas très efficace.

Est-ce que je vais réussir à me lever facilement le lendemain après l’opération?

A l’époque, je ne savais pas les effets négatifs des projections ni que je pouvais calmer mon esprit. Je me contentais de fuir par l’intermédiaire de la télévision pensant que cet état, habituel pour moi, était permanent et normal. Je n’étais donc pas préparée à gérer mon esprit comme le dit mon enseignant « ce cheval sauvage au galop dans un enclos trop petit ».

Le lendemain, j’ai pu tester la relativité du temps en sentant l’angoisse monter.

Je paressais calme mais je sentais la tension augmenter dans mon ventre et je ne connaissais pas encore les cours de pranayama de Sandrine Vimes pour utiliser mon souffle comme calmant.

Nous avons tout le potentiel en nous mais il faut en avoir conscience et apprendre à l’utiliser ensuite. J’ai appris beaucoup de choses depuis quelques mois qui m’auraient été utile à l’époque. Je ne peux pas revenir en arrière et cela serait contre-productif car dans ce cas je n’écrirais pas cette chronique, mais je peux désormais accompagner les personnes pour qu’elles découvrent que toutes les clés sont en elles.

Mon opération est retardée et c’est en début d’après-midi que le brancardier vient me chercher pour un lifting des cuisses.

Ce dernier dure environ 2 heures et consiste à retirer le surplus de peau et de graisse au niveau de mes cuisses.

Je me retrouve donc avec une cicatrice verticale allant du genou jusqu’à l’aine et une horizontale dans l’aine justement.

Je n’ai pas eu de difficulté particulière au réveil, à part mon éternel blocage avec le bassin, j’ai donc eu une sonde pour vider ma vessie, ce qui m’a permis de me détendre et d’arrêter de trembler.

Je dois avouer avoir eu, à chaque fois, du personnel soignant sympathique, à l’écoute et empathique dans le service de chirurgie et en salle de réveil.

Comme la morphine me rends malade, on me propose d’avoir une dose avec un anti-vomitif ce qui m’a permis de ne pas avoir de douleur ni d’effets secondaires.

Je retrouve ma chambre passée 20h, rassure ma mère et me rendors.

J’émerge vraiment vers minuit et je suis bien décidée à ne pas laisser mon inquiétude me guider.

Le seul moyen de savoir si je tiens debout est de me lever.

Aucun soucis cette fois-ci, j’ai seulement changé ma notation de la douleur. Quand l’infirmière est venue me la demander, j’étais allongée et ne ressentais rien. Me lever et m’asseoir sur les toilettes à changer la donne.

Au moins, je sais que j’ai encore des sensations dans le corps… J’ai le droit à une collation c’est-à-dire un yaourt, une compote et 2 biscottes. Je n’avais rien avalé depuis plus de 24h et n’avais pas encore fait de jeûne, j’ai donc trouvé que c’était les meilleures biscottes de ma vie. Un rappel simple à se faire de temps en temps, la vraie faim change tout.

Sortie le lendemain comme prévu, en mode canard, une démarche qui ne sera probablement jamais à la mode, et je suis tellement épuisée qu’au bout de 5 mn de trajet je m’endors.

J’ai retrouvé mon ami le canapé, et développé une nouvelle technique de « balancée de jambes tendues » pour monter les escaliers sans les plier, c’est tout un Art…

Pour éviter le frottement des coutures des sous-vêtements, j’ai acheté des boxers d’hommes, c’est la seule adaptation que j’ai eu à faire comme j’ai pu reprendre le panty de la première intervention.

Après cette opération, j’ai pu reprendre le travail 3 semaines plus tard et être beaucoup plus active pendant mon arrêt. Les fils résorbables me permettent au fil des jours de retrouver une démarche classique. Par contre le lendemain de mon retour, j’ai demandé un traitement plus fort à mon chirurgien, même si mon corps ne le supporte pas beaucoup mais je ne voulais pas  avoir mal, j’ai donc cherché le juste milieu pour trouver un équilibre entre les deux.

A partir de l’expérience de ma première opération, il s’est passé 2 choses :

  • Je me suis créée des peurs basées sur mes empreintes passées alors que les deux opérations étaient extrêmement différentes ;
  • J’ai cristallisé certains moments oubliant que tout n’est que changement.

Ce mode de fonctionnement lié à mon ignorance des mécanismes de l’esprit m’a créé de nombreuses souffrances dans de nombreuses situations.

Connectée à l’ici et maintenant, en conscience de mon processus, je me sens désormais plus en paix.

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