poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

L’opération 3 m’a semblé longue à arriver car la 2eme n’a pas eu de complication. Comme quoi, quoiqu’il se passe, il est facile de trouver quelque chose qui ne va pas. Je n’avais pas conscience de mes conditionnements de l’époque et j’étais loin de la connexion au moment présent.

Le 4 juin 2018, je connais parfaitement le chemin du service et bizarrement, je suis reconnue par plusieurs membres du personnel. Et oui c’est reparti pour un tour…et un lifting des bras.

Comme pour l’opération précédente, j’ai dû faire une demande de prise en charge mais je n’ai pas eu besoin de me représenter auprès du médecin conseil. Mon premier rendez-vous a validé les 3 opérations.

Tout se passe comme d’habitude et me voilà à attendre mon chirurgien dans la salle du bloc. J’échange avec mon anesthésiste qui commence à me connaitre, c’est la 3eme fois qu’elle me suit. Elle met un peu de musique sur son téléphone pour me détendre et je ne peux pas m’empêcher d’avoir un cri du cœur, « j’ai hâte que ça se finisse ». Elle rit alors me disant que nous n’avions même pas commencé mais je parlais en général, je commençais à en avoir marre de ce rituel trimestriel même si c’était un choix de ma part.

Je suis perfusée aux 2 mains pour vérifier le retour veineux il me semble. La chirurgie durant un peu moins longtemps que pour les cuisses, je retrouve ma chambre en début d’après-midi où m’attend un polochon pour mes bras.

Heureusement que ma belle-sœur a laissé quelques-unes de ces affaires de grossesse chez ma mère, je vais pouvoir lui emprunter son coussin d’allaitement quelques jours.

Je me lève de nouveau facilement mais confirme le bien fondé de mon chirurgien. Heureusement que je n’ai pas eu ces 3 opérations en même temps…

Pour la première fois, j’ai un vrai repas le jour d’une opération : purée, jambon. J’aime cela d’ordinaire mais j’avoue rêver du bouillon de légume de la veille…mon corps a envie de légèreté.

Sortie le lendemain sans problème en mode « rambo », c’est-à-dire avec les bras légèrement surélevé, comme si j’avais de très gros muscles.

Gérant parfaitement les antidouleurs pour ne pas en utiliser de trop, je peux parfaitement marcher quelques heures sur une brocante quelques jours plus tard. J’étais juste en avance sur l’époque en adoptant une distance de sécurité avec les autres personnes pour ne pas être bousculée.

Un mois après mon opération, je faisais de la rééducation en peignant le plafond chez ma mère. J’étais tout de même plus à l’aise le 2eme jour sans le bolero de contention. Je sais que l’on s’habitue à tout mais ne pas être compressée est une vraie liberté.

Les opérations susceptibles d’être prise en charge par la sécurité sociale ont toutes eu lieu. J’en ai rajouté une autre à la liste : ma poitrine.

Celle-là a eu lieu en ambulatoire. Arrivée très tôt à la clinique le 11 septembre 2018, j’attendais mon chirurgien dans le couloir du bloc. Beaucoup de médecins étaient en retard à cause d’un carambolage sur la route Paris-Compiègne. J’écoutais le personnel essayer de rassurer une personne derrière moi qui était vraiment paniquée par son opération. Je trouve dommage qu’il n’y ait pas une plus grande gestion du stress avec des outils comme l’hypnose par exemple. Mais bon un jour qui sait.

Cette fois, je n’ai plus d’opération de prévu après celle-ci. Cela va me faire gagner du temps dans le couloir lorsque je dois citer tous mes antécédents. Je confirme mon identité et que j’ai un deal avec mon chirurgien pour qu’il n’y ait pas de guêpe dans la salle d’opération (j’y suis allergique), ils rigolent en me le confirmant et en vérifiant que j’ai bien un soutien-gorge compressif et eux les bonnes prothèses.

Tout est ok.

Comme jusque-là je ne prenais qu’une dose de morphine en salle de réveil et n’utilisais pas la pompe par la suite, je ne pensais pas qu’il y aurait une grande différence.

En fait si, cela fait vraiment moins mal avec de la morphine, désormais j’en ai conscience.

A mon réveil, j’ai été prise de tremblements qui ont à peine été calmés par la couverture chauffante. Ce n’était pas un problème physique mais mon esprit agité qui s’exprimait à travers mon corps.

4 opérations en 9 mois, il était temps que cela s’arrête.

C’est assez surprenant une opération en ambulatoire. Moins de 2 heures après le retour dans ma chambre, on me donne mon déjeuner, un sandwich jambon beurre, très léger de nouveau.

Je sors quelques heures plus tard, après la visite de mon chirurgien. Comme pour les autres opérations, entre les rendez-vous post-opératoires, je lui envoie des photos de mes cicatrices deux fois par semaines.

La douleur élevée provient des fils, ces derniers touchent ou s’approchent de mes côtes et de mes abdominaux.

La conséquence va vite se faire sentir la première nuit, à 3 heures du matin lorsque je dois aller aux toilettes. Peu importe mes appuis, essayer de me relever est très douloureux. Pour la première fois en 9 mois, la douleur me fait pleurer.

Me connaissant, je sais que je ne peux pas rester comme ça ou inconsciemment, je vais moins boire pour éviter au maximum d’avoir à me lever. Je ne me recouche pas tout de suite pour chercher une solution.

Antidouleur, imagination lunaire…tout ce mélange a donné lieu en quelques minutes à un plan à la « Mac Gyver ». J’ai récupéré toutes mes ceintures en nylon et en laine récupérées par ci par là et j’ai fait des triples nœuds.

Une ceinture autour de chaque pied de lit, une les reliant entre elles, et une double autour de cette dernière.

Pour faire simple, lorsque je suis allongée sur mon lit, je récupère le bout de ceinture posée sur une chaise à côté de moi, je tire dessus jusqu’à avoir la ceinture reliée à celles des pieds et hop je me relève à la force de mes bras pour utiliser le moins possible mes abdominaux.

Bref, je fais ce que je peux avec ce que j’ai…et ça a bien marché.

Ma convalescence se passe bien, après 15 jours ma cicatrice se ferme. C’était sans compter les cadeaux de la vie.

Le 26 septembre, j’ai un accident de voiture. Plus de voiture, des points de suture qui ont sauté provoquant des cicatrices supplémentaires qui mettront 2 mois à se refermer seules mais j’étais en vie…

Il est facile de se projeter et d’oublier que rien ne se passe comme prévu.

Il est facile d’oublier que ce corps a une fin qui peut intervenir à n’importe quel moment.

Il est facile d’inconsciemment provoquer ses propres souffrances et d’oublier l’essentiel : la préciosité de la vie.

Toi qui as lu jusque-là, as-tu conscience de la chance que nous avons de nous être réveillés ce matin ?

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