poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Il s’est passé presque un an entre mon bodylift et la cicatrisation en surface de ma poitrine suite à l’accident.

Voilà un magnifique exemple de la relativité du temps. Lorsque tu apprends qu’il faut plusieurs mois avant de te faire opérer, puis plusieurs mois pour perdre et stabiliser ton poids et ainsi de suite, cela semble très long avant d’avoir le corps désiré.

En regardant les évènements avec du recul, mon impression est que tout a été très vite.

Mais si mon corps est désormais transformé qu’en est-il de ma relation avec lui ?

J’ai appris il y a quelques mois, en débutant mon parcours introspectif, la signification de la dualité. De manière grossière, il s’agit d’une distinction entre « Moi » et les « autres ».

Suite aux opérations, j’avais perdu 66 kg, j’étais passé d’un 52-54 à un 38-40… et pourtant je restais dans la dualité avec moi-même : « Moi » et « mon corps ».

A l’adolescence, une coupure s’est produite. A quel moment et pour quel raison en vient-on à se comparer aux autres, à se dévaloriser, à se rejeter soi-même ? Que peut-il bien se passer pour devenir son pire bourreau ?

Essayer de répondre à ses questions ne serait qu’une perte de temps et d’énergie. Ce qui est fait, est fait.

Ne pas supporter mon corps est tout simplement de la malveillance envers moi-même. À travers lui, c’est moi que je ne supporte pas et la nourriture était un refuge, une tentative de fuite, un isolement…

En choisissant de faire une sleeve, j’ai voulu changer cela. Perdre mes kilos c’était l’occasion d’enfin être en harmonie, bien dans ma peau, d’être la femme que je voulais être et de vivre tout simplement. Mais en me concentrant sur les effets de mon mal-être et non sur la cause profonde, je ne le savais pas encore mais j’allais droit vers l’échec, la souffrance, les désillusions, la culpabilité de ne pas y arriver.

Mon accident a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase : mes soins devaient être prolongés, j’étais très fatiguée après 4 opérations en 9 mois, j’étais isolée chez moi et désormais à mon compte, je ne voyais plus grand monde, les journées raccourcissaient changeant mon énergie, j’avais rompu avec mon compagnon quelques mois auparavant, mon entreprise ne décollait pas et malgré ce corps « tout neuf », je ne m’acceptais pas.

Un exercice de développement personnel m’a fait prendre conscience qu’en fait je ne m’aimais pas…

Au moment où la date du bodylift a été fixée, je me suis complètement coupée inconsciemment de mon corps auquel j’avais déjà infligé beaucoup de malveillance. J’ai senti un changement d’énergie mais j’ai mis cela sur le compte de ma reprise de pilule et ensuite j’ai fait ce que je sais le mieux faire, je me suis oubliée.

En réalité, cette distinction entre « moi » et mon corps était un moyen de faire face aux opérations. Quand on me demandait ce que j’allais faire, je disais : « une remise en état » choquant parfois mes amies qui ressentaient ce détachement avec moi-même. « On dirait que tu parles d’une voiture » m’a-t-on dit…

J’allais me faire « découper » comme je disais à l’époque donc je voulais me couper de la douleur que j’allais ressentir…je me protégeais, à ma manière, ne sachant faire autrement et le rejet n’était-il pas un leitmotiv jusqu’ici ?

Après tout cela, j’aspirais à autre chose.

Un rendez-vous chez une ostéopathe quelques semaines après mon accident de voiture m’a confirmé mon ressenti vis-à-vis de mon corps. Je savais qu’il y avait quelque chose mais je n’avais pas pris conscience des capacités de mon esprit.

Elle m’a appris que toute mon énergie était dans ma tête, la consultation s’est donc transformée en soin énergétique où elle a essayé de faire descendre un peu de mon énergie dans mon corps, de reconnecter les deux.

Mais voilà, un nouveau problème surgissait, ce nouveau corps tant voulu, je ne l’acceptais pas…

Je n’avais pas encore conscience de ce que je m’infligeais à moi-même sur tous les plans. Mais là je n’étais pas bien, ni heureuse, ni épanouie. Je pensais qu’après ma perte de poids et les opérations tout irait de soi mais non.

Je devais passer par d’autres apprentissages, d’autres douleurs pour enfin comprendre que je suis responsable de mes propres souffrances et donc que c’était à moi de changer les choses car je suis également responsable de mes joies.

C’est ce que la 3eme et dernière partie de cette chronique vous réserve.

Depuis toujours je vivais à travers des projections : « lorsque j’aurai perdu du poids, je pourrai… », « après mes opérations je serai… ». Mais une relation avec Soi-même ne se (re)construit pas comme cela. Non seulement j’attendais quelque chose pour vivre mais je pensais que toucher à la mécanique résoudrait tout.

Rien ne se passe jamais comme nous l’avons prévu et pourtant je continuais à programmer, à remettre à plus tard, pensant qu’un évènement servirait d’interrupteur dans mon cerveau. Après tout ce parcours tout devait bien se finir, n’est-ce pas comme cela que finissent les Disney ?

Dans la vraie vie ou devrais-je dire dans ma vie, cela ne fonctionne pas ainsi et je l’ai appris à mes dépends.

Mais j’aurai également appris une bonne leçon, ce n’est pas le poids ou le corps qui compte mais la relation avec Soi. J’avais touché à la mécanique, il me restait à aller à l’essentiel : me connecter à Moi et m’accepter comme je suis…

N’est-ce pas la base de tout ? Je sais désormais que moi-seule peux me l’apporter et cela implique de m’accueillir pleinement en premier lieu et de sortir de mes conditionnements.

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