poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Je voulais avoir un nouveau regard sur mon corps. Je voyais bien le changement mais le déclic dans mon esprit ne s’était pas fait.

Je m’essayais à différentes techniques extérieurs, comme indiqué dans les précédents chapitres. J’en oublié de me connecter de l’intérieur.

Mon discours interne ne changeait pas. La petite fille blessée au fond de moi, les empreintes douloureuses du passé me faisaient percevoir le monde à travers les filtres de la peur.

J’avais peur d’être rejetée mais inconsciemment je me rejetais moi-même.

66 kilos ! J’avais perdu plus de la moitié de moi-même en 2 ans et demi… J’ai vu les changements sur mon corps mais mes pensées restaient les mêmes. Je ne faisais preuve ni d’amour ni de bienveillance envers moi.

Alors régulièrement je retournais vers le chocolat, juste un peu… Je voulais autre chose mais reproduisait cette maltraitance envers moi-même.

En surface, je portais désormais du 38, j’étais à mon compte pour aider les autres, j’avais eu une relation qui s’est transformée en amitié donc le changement était positif.

En réalité, j’ai découvert qu’il est facile de sourire et de dire que tout va bien sans être connectée à mes ressentis.

J’ai tellement rejeté mon corps que je ne suis plus en contact avec lui. Je sens les fortes douleurs et désagréments mais ce qui est plus subtile m’échappe.

Je n’étais donc pas en conscience du  masque social que je portais. J’étais certaine d’aller mieux. Je croyais à la sincérité de mon sourire et à ce que je disais et faisais.

Les dérives n’étaient pas vraiment importantes, il n’y avait pas de conséquence sur mon poids…

Mais au fond de moi, peurs, douleurs, colère grondaient.

Je pensais vraiment voir les choses du bon côté. La vie m’apprendra plus tard, que je nourris le négativisme et que tout mon univers n’est qu’une illusion.

Combien de temps aurais-je pu faire semblant ? Je ne le saurai jamais.

Mes décisions de me sentir mieux, d’être plus en forme, de m’accepter comme je suis ont des répercussions. Plusieurs opérations, des tentatives de retrouvailles avec moi et un gros mensonge. Je voulais croire au fond de moi que j’étais forte, que j’avais compris la leçon et ne pas réitérer mon passé…mais dans les difficultés, j’ai repris le fonctionnement que je connaissais en me cachant la vérité.

Pire, je pensais maitriser la situation, j’étais sûre que ma volonté et mes croyances seraient suffisantes.

Je ne voyais que ce que j’étais en capacité de voir…

C’est dans cet état  d’esprit que j’ai fait mon premier jeune et par la suite une tentative de détox au sucre.

Tout cela partait de mon égo mais je n’en avais pas conscience, ne sachant pas à l’époque ce que c’était réellement. Je voulais me prouver que je savais me contrôler.

Je n’ai pas mangé pendant 5 jours. Cette expérience a été intéressante sur le ressenti physique. Je sentais le contact de mon pantalon sur mes cuisses, les gouttes d’eau sur ma peau dans le bain…Mes sensations étaient décuplées.

En parallèle, je suis devenue obsédée par la nourriture et mes envies étaient toutes sauf saines.

Le jeûne a beaucoup d’effets positifs sur le corps et l’esprit si l’intention de départ est bonne. Je voulais avoir l’impression de maitriser ce que je mettais dans mon corps, me persuadant que l’obésité avait une leçon suffisante.

Et j’ai poursuivi par une tentative de régime cétogène pour limiter le sucre au maximum et essayer de me détoxifier.

Cela m’a permis de me mettre aux pâtes à tarte maison et j’ai découvert les bienfaits de cet exercice manuel. J’ai aussi réussi à remettre très peu de sucre dans mes thés et tisanes par la suite, mais j’ai un peu trop profité du fromage et de la charcuterie.

En ne traitant pas la véritable cause de mon problème, je me contentais de le déplacer sur autre chose.

A l’époque je n’étais pas encore en conscience de tout cela et c’est sur cette base qu’à débuter le premier confinement où j’allais jouer le plus beau rôle de mon ignorance comme je vous le raconterai une prochaine fois.

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