poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Combien de fois ai-je entendu ces mots : « Je comprends ! » 

La plupart du temps c’était par gentillesse voir par pitié que les personnes répondent cela sans en avoir vécu l’expérience soi-même.

Le quotidien d’une personne obèse est terrible, rien n’est facile, rien n’est adapté pour ce genre de pathologie, parce oui l’obésité est une pathologie.

Mon ressenti n’était pas du tout le même lorsque je rencontrais des personnes ayant la même problématique que moi. Même si cette dernière reste propre à chacun, l’échange est tout autre, les mots deviennent inutiles, la sensation est là et la compréhension aussi.

Pour en finir avec la première partie de cette chronique, je vais citer quelques une des difficultés que j’ai pu rencontrer dans mon quotidien.

Pour rappel, la France compte 17 % de personnes obèses soit 8 millions d’individus.

Malgré ce nombre important, un examen médical et notamment une simple prise de tension se fait dans la douleur à cause d’un tensiomètre non adapté. Non seulement je devais retenir le scratch pour qu’il reste fermé afin que je n’ai pas à subir de nouveau cet examen mais il n’était pas possible d’empêcher le tensiomètre de serrer comme il le fait sur une personne lambda, ce qui était vraiment douloureux.

De plus, la contraception est plus limitée avec le poids, du moins elle doit être adaptée. Par exemple, un implant contraceptif est efficace 3 ans sauf pour les personnes en surpoids ou obèses. Ma gynécologue ne m’a pas donné d’explication plus poussée m’indiquant juste que je devais revenir dans moins de 2 ans pour le retrait.

Pour la pilule du lendemain, il est important de savoir que plus l’Indice de Masse Corporelle est élevé, moins elle est efficace. Toutes les pharmacies ne donnant pas cette information, il vaut mieux savoir que le risque de grossesse est multiplié par 3,6 par rapport à une femme avec un poids dans la norme.

Avec mon poids, j’ai dû très vite apprendre une technique indispensable pour mes déplacements: la marche de côté. C’était indispensable dans les transports en commun : bus scolaire ou de voyage, train…la taille du couloir n’étant pas adaptée à ma morphologie, j’ai appris à me contorsionner.

Et je n’ai jamais pris l’avion, ce qui m’a permis d’éviter le surcout et les difficultés pour m’installer ou bouger dans l’avion.

La praticité des installations se ressent régulièrement. Les banquettes aux restaurants par exemple ne permettent pas de passer, la distance entre la table et l’assise étant trop faible. Les tabourets sont tout sauf pratiques et les sièges à accoudoirs ne me permettaient tout simplement pas de m’asseoir.

Les ascenseurs de petites tailles sont rapidement limités en poids : 120- 130 kgs maximum et les escaliers deviennent vite un véritable enfer comme je ne faisais pas de sport autre que supporter mon poids (rajoutez-vous 5 à 6 packs d’eau sur vous et voyez l’effort sur le squelette).

Mon obésité me posant problème, je n’ai jamais eu une bonne relation avec les pèse-personnes, et l’ironie du sort veut que mon poids m’a débarrassé de cette corvée, je dépassais le poids maximum autorisé. Voilà un objet qui était devenu désuet.

Je vous ai déjà détaillé le jugement des autres lorsque je faisais des courses ou à la boulangerie par exemple, il y a la même appréhension au restaurant : j’écoute mon envie ou j’écoute ma peur ? Selon mon état d’esprit, j’étais dans les extrêmes : en mode je me fous de tout ou au contraire, je me restreins complètement.

Quand à traverser la ville avec des amis et rester debout pendant le feu d’artifice ou encore visiter Versailles, cela a donné lieu à la fois, à de bons souvenirs mais aussi à de vrais moments de difficultés pour suivre les autres, profiter du spectacle en ayant mal partout sans pouvoir s’asseoir, attendre que cela finisse pour que je puisse me reposer…

Résultat, je me privais moi-même de beaucoup de chose et tout ressemblait à l’Everest pour moi.

Je vivais dans mon imagination, seul endroit où je pouvais faire tout ce que j’avais envie. Je pouvais rire, m’amuser, être heureuse…et bien sûr je n’avais pas de kilos en trop dans toutes mes aventures.

Il fallait donc que je me confronte à moi-même quand je passais devant un miroir ou une vitre réfléchissante.

Je prenais un coup de massue à chaque fois que je devais faire face à mon image. J’aimerai vous dire que je m’y suis habituée mais non. Mon monde imaginaire et la réalité de ma vie était trop à l’opposé pour cela.

L’ironie du sort est qu’après ma perte de poids, j’oscillais entre cette sensation d’avoir toujours des kilos en trop et le fait que ce nouveau corps n’était pas le mien, je n’étais pas prête à une telle différence qui ne me paraissait pas réelle.

Même avec un IMC normal, je ne m’acceptais pas et rejetais ce corps qui restait un poids à porter.

Il m’a fallu un vrai travail en profondeur avec des prises de conscience pour comprendre que j’étais enfermée dans ma propre réalité, cloisonnée par mes peurs, attachée à tout ce qui pouvait me rassurer et que je m’identifiais à cette enfant perdue, à cette adolescente en souffrance et à cette femme  qui ne s’autorise pas à « Etre ».

Etudier et pratiquer grâce au parcours introspectif Esprit-Cœur pour sortir de tout cela, prendre mes responsabilités dans ce qui m’arrive et ce que je ressens m’ont donné une autre vision du monde.

Aujourd’hui, je vais plutôt chercher la joie dans mon quotidien, me connecter à mon enthousiasme qui naturellement me met en énergie, me sentant pour la première fois à ma place dans ce monde et arrêtant de m’excuser inconsciemment d’exister.

Pour en arriver là, je suis passée par des montagnes russes, même dans mon parcours pour perdre du poids, je vous partagerai donc cela dans la deuxième partie de cette chronique.

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