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Je ne me souviens plus du moment où j’ai pris la décision, je me rappelle uniquement être entrée en mode « Action ».

Concrètement, j’ai cherché et lu tout ce que je pouvais concernant les opérations de l’obésité, préparé une liste de questions, je me suis inscrite à une après-midi d’information au centre hospitalier d’Arras, j’ai vu mon médecin pour avoir des courriers et commencer les examens obligatoires avant une opération.

Quand je prends une décision, j’y vais à 300 %. A l’époque je voulais aussi tout, tout de suite. Je n’avais pas encore rencontré de spécialiste de l’obésité, n’avait pas d’accord mais je prenais déjà des rendez-vous pour l’étape d’après.

La réunion d’information a mis en lumière 2 points :

  • L’obésité fait baisser l’espérance de vie mais une opération comporte des risques immédiats pour sa vie.
  • Beaucoup de personnes opérées reprenant du poids, la seule opération possible avant 30 ans à Arras était l’anneau gastrique. Le but étant d’avoir les autres opérations en alternatives sur le long terme.

Cette décision, bien que compréhensible, ébranlait mes plans et l’ultra contrôlante que j’étais n’aimait pas du tout cela.

Mes recherches indiquaient que l’anneau avait beaucoup d’effets secondaires dont l’impossibilité de manger certains éléments, le taux de réussite sur le long terme n’était pas élevé et j’avais lu de nombreuses critiques.

L’anneau gastrique consiste à poser une sorte de bague autour de l’estomac par voie coelioscopique qui sera serrée et desserrer selon les besoins. Cette technique  est réversible, ne nécessite pas de sutures et n’entraîne pas de complications importantes. Elle permet une perte moyenne de 25 kilos, certains aliments surtout solides peuvent être bloqués. Cette procédure, qui est la moins pratiquée en France, affiche un taux d’échec de 30%.

Je ne sais pas vous mais personnellement je suis très douée pour me trouver des excuses quand les choses ne se passent pas comme prévu et que cela ne me va pas.

Je me suis dit qu’avec la chance que j’avais les aliments qui ne passeraient plus seraient justement les quelques légumes que j’aimais. Et il y avait une forte probabilité que le pain ne passe plus. Me voilà donc trouvant qu’une baguette encore chaude était indispensable dans ma vie, je ne voulais pas prendre le risque de ne plus pouvoir en manger.

Je n’ai pas justifié mon refus de l’anneau à cause d’un morceau de pain mais j’ai suivi les recommandations de l’équipe soignante, à savoir faire un accompagnement de groupe.

Pendant ces 4 demi-journées à raison d’une par mois, plusieurs thèmes et exercices ont été proposés afin de nous faire prendre conscience des différents facteurs qui entrent en compte dans la prise de poids et pour nous aider à prendre du recul sur nos ressentis et sur la vision que nous pouvons avoir de nous.

Une infirmière et une psychologie spécialisée dans les troubles alimentaires ont permis :

  • Une Remise en perspective de l’Indice de Masse Corporelle avec l’exemple d’une sportive professionnelle de 110 Kgs qui selon son IMC est en obésité et pourtant elle fait beaucoup de sport, se déplace facilement et n’a pas de soucis de santé ;
  • Notre relation à la nourriture ;
  • Les effets néfastes des régimes précédents ;
  • L’importance de ne pas se frustrer (c’est la première fois que j’entends une psy dire à des personnes obèses qu’elle mange tous les soirs une barre de chocolat, qu’elle ne peut pas s’en passer mais que c’est ok comme ça car toute la journée elle a des repas équilibrés) ;
  • Un exercice nécessitant d’acheter des pâtisseries pour faire une expérience. En l’occurrence noter tout ce que l’on mange et le gout dans 2 cas : quand on prend la pâtisserie en dessert et quand on commence le repas avec un millefeuille pour ma part. Bien sûr en commençant par le dessert, ce dernier est meilleur et j’ai moins mangé de mon plat principal alors que dans le deuxième cas, je n’avais plus faim pour le dessert, c’était juste de la gourmandise.

La conclusion est de se faire plaisir de temps en temps en commençant par ce qui me fait envie pour encore plus l’apprécier et ne pas manger en excédent.

Voilà quelques exemples des souvenirs que j’ai de ces rendez-vous mensuels, le tout lié à une dynamique d’apaisement et de plaisir en étant entourée de personnes qui me comprenaient.

Par la suite, la vie a repris le dessus. J’ai repris mes études et trouvé un emploi, je me suis réinstallée seule, j’ai laissé l’idée de me faire opérer derrière moi et mes mauvaises habitudes ont repris le dessus.

Je ne remets pas en question ce genre de réunion de groupe et les apports qui en découlent mais je pense que les bulles de ces rencontres éclatent dans le quotidien lorsqu’il n’y a pas un travail sur Soi au préalable.

Le but n’étant pas tant de trouver le pourquoi mais plutôt de se connecter à son processus, à l’Ici et Maintenant et de comprendre pour ensuite pratiquer les mécanismes de l’esprit.

J’y reviendrai dans le détail dans une troisième partie. Je vais d’abord continuer à partager mon parcours parce que les hauts et les bas font parties de toute vie mais s’identifier à ses bas, c’est se faire davantage souffrir.

La preuve, je n’avais pas intégrer dans ma vie tous les conseils et les prises de conscience de ces ateliers. Une information dans le mental est vite oubliée face à une difficulté. Les vieux démons refont surfaces au point d’en devenir fataliste, pensant que je ne méritais pas mieux que cette graisse et les souffrances associées.

Comment mettre en place tout ce qui m’a été démontré en ayant si peu de valeur pour moi et pour ma vie ?

Aujourd’hui je comprends l’importance d’être bienveillant envers Soi, d’arrêter d’essayer d’aider les autres en m’effaçant moi-même. J’ai de la valeur, comme chacun d’entre nous, ni plus ni moins. En étant moi-même, je peux apporter aux autres, m’adapter sans pour autant  m’oublier.

C’est pour cela que j’ai vibré dernièrement en entendant une phrase de mon enseignant Frédéric Vimes pendant une conférence, lorsqu’il nous a reconnecté à l’importance « d’accueillir la préciosité de l’existence ».

Voilà une phrase, à se répéter et à appliquer.

A l’approche des fêtes de fin d’année, n’est-ce pas le plus beau cadeau à se faire ?

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