poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Mi-mars 2020 : je ne regarde plus les informations depuis un moment ayant compris que le négativisme quotidien était tout sauf nourrissant. J’en entends déjà trop le matin à la radio entre la météo et l’horoscope. Cela fait quelques mois qu’un virus est sur toutes les lèvres et que le nombre de personnes malades en France augmente.

J’ai vaguement suivi les péripéties sur les effets du masque, inutile à l’époque, et les avis des médecins et des politiciens sur les faibles risques de cette « grosse grippe ».  Mais soyons honnête, je suis plus préoccupée par les détails de ma vie que par l’état du monde.

Afin de replacer les éléments dans le contexte de l’époque, j’étais à mon compte depuis 3 ans. Je me suis d’abord lancée dans la formation puis j’ai ajouté le conseil en tant que « designeuse d’idées » et désormais me voilà avec une nouvelle casquette, toute nouvellement certifiée « coach personnelle et professionnelle spécialisée en neurosciences motivationnelles ». J’avais passé mes épreuves un mois avant lors de la Saint-Valentin et c’est avec émotion que j’ai dit à bientôt à ma team de l’école, les « Phoenix 51 ».

Nous devions nous revoir lors d’un événement sur le développement personnel mi-mars mais ce dernier a été reporté, 1200 personnes dans une salle close n’étais plus possible.

Ayant vraiment créé des liens forts pendant ces 6 mois d’école, l’annulation de ce voyage m’a fait passer par plusieurs phases : énervement, dégout, tristesse …

Je n’avais pas encore conscience de l’ampleur que ce virus allait prendre.

Mon activité professionnelle vivotait, je survivais grâce à mes allocations chômage malheureusement bientôt en fin de droit.

J’allais devoir reprendre un travail de salariée mais n’en avais aucune envie. Je n’étais donc pas dans une très bonne dynamique mentale. Je faisais plein de choses mais avec la peur en fond de trame, le résultat n’était donc pas celui attendu.

J’étais plongée dans mon drame quand l’annonce est tombée…nous allions être enfermée pendant au moins 15 jours…

Mon premier ressenti pendant cette annonce a été une incompréhension. J’entendais le mot « guerre » et je ne comprenais pas pourquoi le gouvernement utilisait la peur.

Je sais que le stress, la peur et la colère  provoquent du cortisol dans le cerveau et que ce dernier diminue le système immunitaire pendant plusieurs heures lorsqu’il est libéré. Face à un virus, cela ne me semblait pas « la chose à faire ».

Le lundi, la veille du confinement, je vais faire quelques courses comme prévu et là, je me confronte pour la première fois à la nouvelle dynamique du pays.

Le magasin est bondé de monde. Il y avait des queues jusqu’au trois quart des rayons, les caddies étaient remplis…

Une partie de moi ne comprenait pas ces gens et les jugeait. Une autre, ressentait leurs peurs et j’ai moi-même acheté plus de choses que ce que j’avais prévu en venant, emporté par le besoin inconscient de me calmer en consommant.

J’avais beau être coach, je ne me rendais pas compte de l’influence que nous pouvions avoir les uns sur les autres en terme d’actions et d’énergie.

Le mardi 17 mars débute officiellement ce premier confinement pour une durée indéterminée. Je fais une vidéo sur l’importance de bien nourrir son esprit en évitant le négativisme et en se concentrant sur les éléments positifs, sur les prises de conscience à faire sur ce qui convient ou non dans son quotidien et/ou dans son environnement.

Je me sentais calme, posée, au clair avec moi-même…Et pourtant le lendemain matin, je me réveillais avec un poids sur la poitrine.

Me voilà donc me blâmant de me sentir mal alors que nous en étions seulement au deuxième jour de ce confinement et que la veille je faisais une vidéo sur la positive attitude.

J’ai alors compris que savoir quelque chose et l’appliquer était différent. L’envie était là mais je ne contrôlais pas mon inconscient, marqué par des empreintes.

Pour sortir de cette sensation, j’ai opté pour un retour à Moi, à mes sens…en jardinant le petit pot devant ma fenêtre, en achetant des graines, en préparant mes pates à tarte, en faisant de la peinture et un peu d’activité physique. Le tout dans un 2 pièces de 44 m2 sans balcon…

Ma mère m’avait proposé de la rejoindre à la campagne, chez elle, mais comme elle a des soucis de santé et que nous étions dans le flou sur ce virus, j’ai préféré rester chez moi, seule.

Cela a impliqué des moments difficiles mais surtout cela m’a permis de faire un choix de vie qui bouleversera mes habitudes.

Une période inédite qui a donné lieu à des choix inédits.

Et même aujourd’hui, en écrivant ces lignes, je ne pense pas être totalement consciente de tout ce qui a changé en moi.

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