poeme discrimination frederic Vimes ecole Kaladvaita

Le temps est radieux. La fenêtre grande ouverte, j’entends les craquements du pin en face de mon immeuble. La diminution des voitures permet de découvrir le bruit de la vie qui se manifeste spontanément au-delà du brouhaha quotidien.

Avant le confinement, je croisais une pie de temps en temps, désormais je peux en observer deux depuis mon canapé. Les animaux ont profité de l’accalmie humaine pour retrouver leur place dans la Nature.

C’est pour moi l’occasion de remettre les choses en perspectives. J’ai appris petite, le nom des espèces animales et végétales, leurs lieux de vie…mais je n’avais jamais fait les liens entre eux et moi. Mon étude introspectif m’a enseigné l’équanimité entre toutes choses…je ne connaissais même pas ce terme. Et pour être honnête, il m’a fallu plus d’un an et demi d’instrospection pour comprendre ce concept et ce qu’il implique dans le quotidien. Je verrai combien de vie me seront nécessaires pour l’appliquer. En attendant je vais tendre vers…tenter de lisser et d’accueillir les différences.

Dans le cadre de mon parcours introspectif, j’essaie de me poser chaque jour en assise silencieuse, une étape préalable à la méditation.

Pas de musique pour me détendre, pas de guidance qui me stresse, juste une observation du moment présent. L’exercice semble facile sur le papier mais au début, il m’était très difficile d’accepter l’agitation de mon esprit, toutes mes pensées partant dans tous les sens : souvenirs, projections, analyses de ce que j’entendais…

Prendre conscience, de ce qu’inconsciemment je camouflais avec un continuel bruit de fond (musique, télé), a rendu cette mise en bouche compliquée.

Je commence à découvrir qu’il y a une vraie différence entre ce que je crois de « Moi » et ce que je suis vraiment.

Cette vérité se faire ressentir dans mon métier de coach et ses limites. Pendant ma formation, il était évident que nous ne pouvions pas aider les personnes ayant une basse estime de Soi.

En suivant des coachés, je me suis rendue compte des empreintes qui peuvent remonter et de la souffrance que chacun a au fond de Soi, moi y comprise.

Je découvre la limite de mes outils dans certaines situations et que ces derniers nourrissent l’Ego au lieu de le dissoudre.

Cette période est perturbante pour moi, diplômée quelques mois auparavant.

Mon cadre explosait et mon envie d’aider les autres étaient plus forte, maintenant que j’y avais goûté.

Une formation de thérapeute est désormais proposée après le parcours mais ne débutera qu’en fin d’année et d’ici là, j’ai des coachings à finir.

Si je ne me posais pas de questions au début, me contentant d’appliquer les techniques apprises, je me trouve maintenant à un carrefour où j’expérimente de nouveaux enseignements qui parfois sont à l’opposé de ce que je fais.

Un jour après l’autre…c’est de cette manière que j’ai fini par lâcher et arrêter de demander la préparation de coaching 24h avant mon rendez-vous pour m’adapter à la personne directement.

Puis j’ai laissé mes outils de côté en adaptant mon coaching grâce aux enseignements du parcours esprit-cœur.

J’ai ainsi pu observer la différence en touchant aux mécanismes profonds plutôt que  ceux de la surface.

J’avais envie de proposer des programmes et des accompagnements pour aider les personnes qui étaient en train de traverser ce que j’avais vécu : obésité (voir « chronique d’une ancienne obèse »), rejet de mon corps, dépression…

Mon référent sur le parcours m’a aidé à comprendre ce qui se cache derrière ces projets. Comment aider les autres alors que mes blessures étaient à vifs ?

Aider les autres ne doit pas avoir pour but de s’aider soi-même, c’est l’inverse. Je dois m’aider moi-même pour pouvoir aider les autres en ayant expérimenté les étapes qu’ils vont traverser. Etre neutre me permettra de ne pas interpréter les propos de mes clients en fonction de mes filtres, de ma propre réalité.

C’est la seule manière pour que je puisse donner avec le cœur et me protéger de la souffrance des autres en même temps.

Mais j’étais loin de savoir tout ce qu’il y avait à nettoyer. Mon armure m’empêchait de voir mon état et j’étais sûre d’aller bien. Une utopie.

C’est d’ailleurs pour cela que j’ai profité de ce premier confinement, une nouveauté, pour m’essayer à de nouvelles activités, loin d’un ordinateur : nouvelles recettes complètement faite-maison, tentative de soin des cheveux en arrêtant de les laver un mois, peinture en utilisant toutes sortes d’outils dont mes doigts…

Pourquoi n’avais-je pas pris le temps avant ? Je fais beaucoup de choses chaque jour mais combien pour vraiment prendre soin de moi, nourrir correctement mon corps et mon esprit ?

Je visualise une pyramide de verres de champagnes, le premier verre plein va remplir ceux en dessous et ainsi de suite.

En comblant mes empreintes négatives, en ayant conscience de mes peurs et de mes conditionnements pour les transcender, en développant mes qualités et en me nourrissant moi-même d’amour et de bienveillance pour ne plus en manquer, je pourrais aider les autres à faire de même, à devenir autonome en sortant de leurs souffrances.

Ce premier confinement lié à ce début d’introspection ont mis en route un ensemble de mécanismes qui me donne un but mais j’allais devoir dépasser un vrai obstacle : moi-même.

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