Je me souviens, étant gamin, cette odeur du matin sur les bords de la Loire. L’humidité transperçait mes vêtements et la rosée venait stimuler mes narines en quête de parfums naturels. La brume enveloppait la surface de l’eau telle un manteau de coton dissimulant les secrets de la nuit. Une brindille de paille dans la bouche, j’écoutais les clapotis de l’eau qui ricochait de pierres en pierres sans savoir où cela s’arrêterait. J’imaginais ces multitudes de gouttes voyager sinueusement, telle un serpent au milieu des plaines et des montagnes. La source qui devient une rivière pour prendre la taille d’un fleuve et devenir un océan. Lorsque tu revêts ta robe hivernale, ta blancheur immaculée laisse résonner un silence sans vie. La glace camouffle les courants intrépides se hâtant dans leur course effrénée. La buse variable tournoie dans le ciel nuageux en quête d’un souffle innocent qui viendrait agrémenter son menu tout en laissant ses cris stridents faire des ricochets sur la surface de tes écailles. Tel un souvenir qui vient nourrir mon cœur, je suis là, aujourd’hui, cinquante ans plus tard à te découvrir avec ce même émerveillement. Ta splendeur qui sourit aux saisons, me réconforte dans ma plus humble impermanence. Lorsque je serai mort, tu seras toujours là, à faire rêver tous ceux qui te reconnaîtront. Tu pourras toujours leur offrir un petit coin de sérénité, juste pour leur dire que le bonheur est simple et que tu en es le reflet.

 

 

 

Sur ta robe envoutée, une multitude de reflets,

De la mélancolie à la joie, tu nous laisses le choix

De rire ou de pleurer mais toujours sans juger,

Ta beauté spontanée transcende toutes les lois.

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