Quelle folle et trépidante histoire d’amour. Un amour sans le A. Je vais donc l’exprimer sous sa forme simplifiée comme étant « la mour ». Et oui, je suis une Miss, une vraie Miss pour ne pas dire une Lady. Je m’appelle Miss Tinguette, j’ai trente-huit ans et j’ai déjà vécu au moins …… ? Ben trente-huit ans !

 

Aujourd’hui, je suis en pleine crise existentielle où mon Moi est hyper enflammé pour ne pas dire débordant d’un hyper centrage sur lui-même qui ne veut plus voir personne. Je me déteste au point de me détester assez pour ne plus jamais m’aimer. La lady est comme un radis pourri en manque de « la mour ». Ah oui « la mour » est un bouquet de violettes !!! Je ne sais quel est l’idiot qui chantait ça mais cela se voit que c’est un homme qui a fait cette chanson. Un Luis quelque chose…Avait-il seulement compris les femmes celui-là ? C’est vrai, est-ce qu’une fois dans la vie, l’homme, membré, viril, dominant, fort, intelligent ? non, il est intelligent car fort, viril et membré ! Mais n’a-t-il jamais compris la femme ? A quoi lui sert tous ses atouts, toutes ses qualités, certes animales, juste pour dominer des êtres faibles ? Parce que c’est l’homme qui pénètre ? Parce qu’il a décrété que la femme était faible ? Mais que veut dire faible ? La testoster’homme nous pourrie la vie, et je pèse mes mots. Est-ce qu’une seule fois, l’homme s’est demandé ce que cela faisait de recevoir un pénis pour la première fois ? De rentrer dans cet endroit caché, vierge tellement relié au psychisme de la demoiselle.

Pensez-vous ! Lui, son seul but est tout d’abord de viser dans le mille puis de faire une croix sur son tableau d’honneur. Et nous, on reste là, plantées sur le dos les quatre fers en l’air, le ventre plié de douleurs, la culpabilité, le remord et l’angoisse nous envahissant doucement au point de s’auto remonter le moral en se disant : Ça s’est fait ! Je suis une grande maintenant. Enfin une femme ! comme ma mère. 

 

Si je vous raconte comment cela s’est passé pour moi la première fois, vous allez vous moquer le restant de votre vie. Mais une Lady n’a jamais honte, ni peur du regard des autres. Alors je me lance !

C’était l’été de mes 16 ans dans le sud-ouest, au bassin d’Arcachon, dans un camping bondé de monde où les juilletistes s’amusaient sans relâche. J’étais timide et complètement introvertie. Jamais je n’avais embrassé un garçon, ni même vu un sexe d’homme. C’était tabou à la maison. Plus innocente que moi, tu meurs. Peut-être une faute des parents que de vouloir cacher la vérité aux enfants. C’est vrai, ils devraient parler de la sexualité, de la mort, de tous ces thèmes qui nous posent problèmes en vieillissant. Je pense que cela épanouirait les enfants et feraient d’eux de meilleurs adultes. Ce sont les « parents -thèses » nécessaires à la réflexion.

En résumé, j’étais pucelle, absolument pas consciente de l’être, et complètement dans l’ignorance qu’il était possible de mettre des trucs dans ma nénette ; c’était le nom stupide que ma chère mère donnait à mon sexe. Ne rigolez pas, mais je croyais encore aux choux et à la cigogne et n’avais aucune idée sur le pourquoi du comment.

Ce soir-là, sans préciser lequel car cette date est la première sur ma Blacklist, je quitte ma canadienne vers les vingt heures pour aller rejoindre des nouveaux copains à la fête du camping. Je ne les connaissais pas plus que ça mais ils me toléraient et comme je ne disais jamais rien, je ne les embêtais pas trop. Les garçons étaient très tactiles car ils me touchaient souvent les fesses ou les seins et adoraient soulever ma jupe, sans doute pour la voir tourner dans le vent ? Je me souviens avoir dansé et beaucoup bu. C’était la première fois que je buvais de l’alcool. Un des garçons était plus gentil que les autres car il m’emmenait toujours à boire. Gin tonic! Encore un gin tonic tinguette ! Bois cul-sec! Je m’en souviendrai du cul sec ! Ce charmant garçon qui s’occupait si bien de moi m’invita à danser et commença, sur un slow, à m’embrasser. C’était délicieux et surtout je découvrais les plaisirs d’une langue, autre que la mienne, dans ma bouche. Le rythme était pris. Un gin tonic, une danse et une série de pelotage maison. Mais l’alcool avait pris le dessus et je n’avais plus conscience de rien si ce n’est de servir de poupée gonflable à ce jeune mal en Rut.

Je ne sais par quel tour de magie romantique, on s’est retrouvé dans le local poubelle, derrière la salle des fêtes.  Là j’avoue, je n’ai pas tout compris. J’avais un truc dans ma bouche qui n’était plus sa langue et je sentais des doigts trifouiller dans ma nénette. Je sentais des hauts le cœur et je me mis à vomir dans le pantalon de ce charmant garçon qui était, bien entendu descendu jusqu’aux chevilles. Je me souviens d’une claque ou plutôt de sa marque qui est restée pendant trois jours sur ma joue droite. Et là, il me retourna et je senti cette chose dure forcer un passage sans aucune autorisation qui était resté vierge jusqu’à ce soir-là. J’avais la tête dans la poubelle avec des odeurs de sardines grillées et de poulet rôti pendant que je faisais « la mour ». Je vomis encore mais cette fois la claque je l’ai prise sur les fesses. Puis j’entendis un son roque, une espèce d’ours grippé qui termina dans quelques soubresauts de me faire passer pour un tremblement de terre. Les larmes coulaient sur mon visage inondé de vomissures. La jupe retomba délicatement à sa place, apprêtée, camouflant les traces du désastre.

J’étais saoule, terrorisée, et soudainement seule car en me retournant pour dire merci, le garçon avait disparu. Je ne connaissais ni son visage et encore moins son prénom. Tout d’un coup, la honte s’empara de moi, suivit d’un sentiment de culpabilité qui m’empêcha d’avouer cela à ma mère. En réalité, je n’étais qu’une jeune demoiselle apeurée et pas fière d’elle. Je suis restée dans le silence jusqu’à aujourd’hui. Heureusement pour moi, je ne suis pas tombée enceinte et n’ai pas attrapé une quelconque maladie sexuellement transmissible.

J’ai compris plus tard qu’il avait mis un préservatif car je l’ai retrouvé dans mon petit sac à main, offert par ma grand-mère, que j’avais pour ma soirée. Le problème est que tout avait coulé dans le sac et que je ne m’en suis aperçue que cinq jours plus tard. J’ai dû tout jeter.

Voilà les amis, la première fois que j’ai fait « la mour ». Heureusement que toutes les femmes ne vivent pas cela. Ou plutôt heureusement que quelques femmes ont la chance d’avoir une belle première fois. Elles sont rares !!!

Alors celui qui a dit que « la mour » est un bouquet de violettes, je peux vous assurer que mes violettes à moi sentaient fort la sardine. Je n’ai jamais pu en manger une depuis ce jour.

 

Mais tout cela n’est rien par rapport au reste. Il est vrai que depuis j’ai beaucoup appris de mes erreurs mais je vous raconterai cela dans un prochain épisode de ma folle histoire de vie.