Quelle folle et trépidante histoire d’amour. Un amour sans le A. Je vais donc l’exprimer sous sa forme simplifiée comme étant « la mour ». Eh oui, je suis une Miss, une vraie Miss pour ne pas dire une Lady. Je m’appelle Miss Tinguette, j’ai trente-huit ans et j’ai déjà vécu au moins …… ? Ben trente-huit ans !

 

Dans quel monde vivons-nous ! Vous rendez-vous compte de la condition de la femme dans ce monde de brute. Dans un premier temps, je tiens particulièrement à remercier la folle idée de Frederick Mellinger qui, en 1981, créa le « string ». Elément incontournable de la lingerie féminine. Cela fait maintenant quarante ans que l’on nous impose cette ficelle dans les fesses pour exciter la gente masculine. Quelle honte ! Et aujourd’hui, en 2021, ce n’est plus le string qui est obligatoire mais le masque. Cette fois-ci, les ficelles sont derrières les oreilles. Comme quoi l’expression « notre vie ne tient qu’à un fil » n’est pas complètement ridicule. Le pire c’est qu’il m’arrive de me tromper lorsque je suis pressée. Un jour, j’ai eu le mauvais réflexe de ranger mes strings dans le même tiroir que les masques. C’est lorsque j’ai entendu, dans le bus, en allant au travail, une petite fille tenant la main de sa maman, lui dire « pourquoi la dame elle a une culotte sur le visage ? » que j’ai compris que tout cela n’allait pas être facile.

Pensez-vous qu’une personne bien intentionnée aurait pu discrètement me prévenir ? Non ! Pensez-donc, ce n’est pas possible car en plus d’imaginer avoir le Covid, ils devaient me prendre pour une folle. Tout le monde me dévisageait, certains rigolaient mais ils avaient tous perdu la voix. Je comprends mieux le quinquagénaire qui bavait en me regardant pensant que si mon string était sur ma tête, je ne devais rien porter sous ma jupe. Quel idiot. J’avais mon masque ! Certes, ce ne fut pas facile pour l’enfiler mais ma taille 34 de Lady m’offre certains avantages.

Une autre fois, dans le bus avec mes copines, je prends ma bouteille de gel hydroalcoolique pour que l’on se désinfecte les mains et spontanément je motive les filles.

  • « Allez, les filles, un peu de gel contre les microbes » Tout en discutant, elles m’ont toute présenté leurs mains et généreusement, car je suis très généreuse, j’ai déversé le gel, héros des temps nouveaux. De plus en plus frénétiquement, je les voyais grimacer et s’acharner, dans ce que l’on pourrait appeler de poisseux, à vouloir se défaire d’un truc qui collait à la peau. L’une d’entre-elle m’a demandé si c’était bien du gel hydroalcoolique pour se désinfecter. En regardant de plus près, c’était mon gel, force 12 pour styliser la forme de mes cheveux. Elles ne m’ont plus parlé de la journée.

Ce n’est pas simple de se rappeler de tout. J’entends parler des gestes barrières, d’un port du masque, de gel désinfectant, de rester à certaines distances de mes congénères, de ne  plus sortir, ni faire les boutiques. On parle d’un vaccin, d’autorisation pour respirer, faire ceci ou faire cela. Je n’y connais rien en politique, mais ça sent la magouille à plein nez. Si cette magouille avait les effets de la cocaïne, on serait tous stones. Pas plus tard qu’hier, pour acheter une baguette de pain à 1 euros, j’ai attendu 72 minutes. J’étais tellement en colère, que j’en ai oublié la baguette sur le comptoir. Le pire dans tout ça, c’est la panique universelle. Je prends l’ascenseur, bondé, normal, personne ne veut monter le demi-étage à pied, et une personne se mit à tousser. Tout le monde à hurler en sursautant de peur. Résultat des courses, cela a produit une déflagration et l’ascenseur est tombé en panne à 1m50 du sol. Pour monter un demi-étage cela nous a pris l’après-midi, enfermés à 12 personnes dans un ascenseur ne pouvant en contenir que 10 en pleine période de Covid.  Je rigole. Samedi soir, vol Paris-Nice. Les hauts parleurs vocifèrent toutes les 5 minutes le rappel des gestes barrières sous peine d’amende, ok. On monte dans l’avion, un siège sur deux et le commandant répète sa rengaine sur le blabla du masque et que l’on n’aura pas notre petit service boisson que j’adore consommer en lisant un bon livre. Admettons. L’avion se pose, heureusement, et le commandant demande aux passagers de ne pas se lever et de sortir dans l’ordre des rangées. Mais là, à ce moment, les passagers en ont marre et n’entendent pas l’ordre, ils se sont même tous donnés le mot pour se lever dans un élan commun. Ils ont été patients toute la journée, ont fait la queue toute la journée, ont entendu les messages toute la journée, mais là, c’est trop. Le plus rigolo, ce sont les casiers à bagages qui s’ouvrent, les valises qui tombent, les gens qui se dandinent tels des dindons dans une cage à lapin. C’est pathétique, mais tellement rigolo à regarder. Du coup, je suis sortie la dernière, prenant mon temps pour ne pas me mélanger à cette masse houleuse. Hélas, j’ai loupé la navette pour me rendre à Nice et cela m’a coûté la course d’un Taxi. J’ai eu droit au contrôle d’identité car le couvre-feu avait commencé et lorsque l’agent de police me demanda mon attestation, j’avais tout simplement oublié de la faire. Et hop, une petite amende supplémentaire pour nourrir les caisses de l’état. Mon billet pour faire Paris-Nice m’a couté 48 euros, Mais pour sortir de l’aéroport jusqu’au centre-ville de Nice, entre le Taxi et l’amende, cela m’a couté plus de 200 euros.  Où est la logique ?

Je pleure, je ris, je ne sais plus qui je suis, ni une miss, ni une Lady. Plus de boutique, plus de miroir humain, plus personne dans les rues pour regarder ma beauté et me permettre de me sentir exister. Qu’allons-nous devenir ? Nous sommes déjà des microbes si on nous regarde du ciel, alors entres microbes, on devrait pouvoir s’adapter et vivre normalement.

N’est-ce-pas ?

 

Mais tout cela n’est rien par rapport au reste. Il est vrai que depuis j’ai beaucoup appris de mes erreurs mais je vous raconterai cela dans un prochain épisode de ma folle histoire de vie.